L’assureur ne règle que rarement tout le préjudice après un dégât des eaux. Même si aucune faute n’est imputable, la franchise reste à régler par l’assuré. Son montant varie selon ce que prévoit le contrat, la nature du logement et la part de responsabilité de chacun.
Quand la fuite vient d’un voisin ou des parties communes, la manière dont la franchise est partagée surprend parfois. Certaines conventions signées entre compagnies d’assurance revoient la répartition des frais, ce qui peut laisser la victime supporter tout ou partie de cette charge financière.
Franchise dégât des eaux : à quoi ça sert vraiment ?
La franchise dégât des eaux ne se limite pas à une ligne dans un contrat d’assurance habitation. Elle fixe la part des dommages qui restera à la charge de l’assuré après déclaration du sinistre. Impossible de passer à côté : le montant de la franchise conditionne directement l’indemnisation que l’assureur versera en cas de dégât des eaux, fuite, infiltration, canalisation qui lâche, débordement accidentel.
Plus la franchise est haute, moins le remboursement est conséquent. C’est aussi simple que ça.
Pourquoi imposer une franchise assurance habitation ? Deux raisons principales. Premièrement, cela freine les déclarations pour de petits incidents. Selon qu’elle soit forfaitaire ou proportionnelle, cette somme évite aux assureurs de crouler sous les demandes pour des dégâts minimes. Deuxièmement, elle incite occupants et propriétaires à partager la prise de risque. Chacun sait qu’une part des coûts restera, quoi qu’il arrive, à sa charge.
Quelques exemples donnent la mesure : pour un dégât des eaux, la franchise tourne souvent entre 150 et 500 euros. Certains contrats haut de gamme permettent de réduire, voire supprimer cette somme, moyennant une cotisation plus élevée. À l’inverse, d’autres formules imposent des franchises plus lourdes pour limiter le coût global de l’assurance habitation.
Comparer le montant de la franchise vaut autant que s’intéresser aux garanties ou à la rapidité d’indemnisation. Ce critère fait la différence lors de la souscription ou d’un changement d’offre.
Qui paie la franchise lors d’un sinistre : locataire, propriétaire ou voisin ?
Les sinistres se multiplient, les tensions entre voisins aussi, et les contrats d’assurance se complexifient : la question du paiement de la franchise lors d’un dégât des eaux est rarement tranchée d’avance. Tout dépend du sinistre, des garanties souscrites et du partage des responsabilités établi via le constat amiable.
Dans un appartement loué, c’est le locataire qui règle la franchise si la fuite provient des parties privatives dont il a l’usage exclusif. Le raisonnement est limpide : l’assurance habitation couvre les risques locatifs, donc la franchise assurance vient en déduction de l’indemnisation destinée à l’occupant.
Le propriétaire assume la franchise dans deux situations : si le sinistre prend naissance dans les parties communes ou résulte de ses obligations (défaut d’entretien, vétusté), ou s’il est lui-même occupant du bien. Quant au voisin, il ne se retrouve concerné que lorsque la fuite d’eau vient de chez lui et que sa responsabilité est reconnue dans le constat amiable dégât des eaux.
La convention IRSI, référence pour la gestion des dégâts des eaux entre assureurs, fixe clairement les modalités : en cas de responsabilité partagée, chaque partie règle la franchise liée à son propre contrat. Ce dispositif accélère les indemnisations, évite les discussions interminables et précise le rôle de chaque assuré face au sinistre.
Le parcours d’indemnisation expliqué simplement
Quand les premiers signes de dégâts des eaux apparaissent, une réaction rapide s’impose : limiter les dégâts, couper l’arrivée d’eau, informer les personnes concernées. La déclaration du sinistre doit suivre, généralement dans les cinq jours ouvrés auprès de l’assureur. Le constat amiable permet de décrire précisément les faits, d’identifier l’origine de la fuite et de clarifier la chaîne des responsabilités.
Une fois le dossier entre les mains de l’assureur, celui-ci analyse la situation. Si les dommages dépassent la franchise, un expert peut être mandaté pour évaluer l’ampleur du sinistre. Cette étape détermine non seulement l’indemnisation, mais aussi la part qui restera à la charge de l’assuré, la fameuse franchise.
La convention IRSI facilite la gestion des sinistres franchise et accélère le versement des sommes dues. Chaque situation est traitée distinctement selon que l’on soit propriétaire, locataire ou voisin. Le montant remboursé dépend des garanties choisies, du niveau de franchise assurance et des responsabilités établies.
Voici, étape par étape, comment se déroule généralement la procédure :
- Déclaration du sinistre à l’assureur
- Envoi du constat amiable
- Évaluation des dommages et intervention d’un expert si nécessaire
- Versement de l’indemnisation, après déduction de la franchise
La rapidité d’action dans ce parcours s’avère déterminante pour limiter l’impact financier et matériel d’un dégât des eaux.
Responsabilité civile et franchise : ce qu’il faut comprendre pour éviter les pièges
À chaque sinistre impliquant un dégât des eaux, la même interrogation surgit : qui s’acquitte vraiment de la franchise ? Ce mécanisme paraît limpide, il se révèle plus complexe dès que la responsabilité civile entre en jeu. Dès qu’un tiers subit des dommages à la suite d’une fuite venue de votre logement, la garantie responsabilité civile de votre contrat d’assurance habitation intervient. Pourtant, la franchise prévue au contrat reste à la charge de l’assuré, même sans faute caractérisée.
C’est là que le malentendu s’installe. L’assureur indemnise le voisin, active la garantie responsabilité civile, mais applique la franchise assurance habitation. Ce montant, fixe ou proportionnel, n’est récupérable qu’en cas de faute claire d’un tiers, comme un plombier ou un voisin à la négligence avérée. Dans ce cas, une action en recours permet parfois d’obtenir le remboursement de cette somme.
Autre point à retenir : la majorité des contrats d’assurance habitation impose le paiement de la franchise même si un tiers est à l’origine du sinistre. L’assuré avance cette somme, puis, si les circonstances le justifient, se tourne contre le véritable responsable. Ce fonctionnement, souvent mal compris, provoque bien des crispations lors d’un dégât des eaux en copropriété.
Pour y voir plus clair, voici les notions clés à retenir :
- Franchise : somme fixe ou pourcentage à la charge de l’assuré, stipulée dans le contrat
- Responsabilité civile : couvre les dommages causés à d’autres personnes, sans dispenser du paiement de la franchise
- Assureur : indemnise le sinistre, après avoir déduit la franchise du montant versé
Face à un dégât des eaux, mieux vaut donc connaître les règles du jeu : ce sont elles qui font la différence entre un dossier fluide et un casse-tête à rallonge. La franchise, loin d’être anodine, s’invite toujours à la table des décisions.

